Le cycle PDCA

Publié le par vincent baudoux

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Définition du cycle PDCA

Deming a présenté ce modèle d’amélioration continue en juillet 1950 au comité directeur du

Keidanren, c’est pourquoi il est connu dans l’industrie japonaise comme le Cycle de Deming, bien

que ce soit une création de Shewhart. C’est une méthode pour aider à apprendre, ainsi que pour

conduire l’amélioration d’un produit ou d’un processus. Le cycle comporte quatre étapes dont les

noms : Plan, Do, Check, Act, sont traduits par : Préparer, Développer, Comprendre, Agir.

 

1. Préparer. Cette étape, la plus importante, consiste à préparer un changement ou une

amélioration. Quelqu’un a une idée pour améliorer un produit ou un processus, il faut donc préparer

un essai comparatif ou une expérience. Le cycle complet repose sur cette première étape. Nous

verrons qu’elle est souvent abrégée parce que l’on est pressé de passer à l’action, peut-être pour ne

pas paraître inactif.

2. Développer. Cette étape consiste à réaliser l’essai comparatif ou l’expérience, de préférence à

petite échelle, en respectant bien les dispositions définies à la première étape.

3. Comprendre. Il s’agit d’étudier les résultats. Qu’avons-nous appris ? Les résultats répondent-ils

à nos attentes ? Dans le cas contraire, pourquoi ?

4. Agir. Trois cas peuvent se présenter. Soit on décide d’adopter le changement, ou de généraliser

l’expérience. Soit on décide d’abandonner l’étude, donc de continuer à travailler dans les mêmes

conditions. Soit on décide de recommencer le cycle en changeant certaines conditions initiales.

Quand l’amélioration d’un processus est réalisée, les procédures et les spécifications de l’entreprise

servent évidemment à la consolider.

Le cycle PDCA ne s’applique pas seulement à l’amélioration des processus mais aussi à

l’amélioration de produits. L’ancienne manière pratiquée dans l’industrie consistait à concevoir un

produit, puis à le fabriquer, puis à essayer de le vendre. Maintenant, la conception prend compte

systématiquement du passé des produits. La nouvelle manière peut se définir ainsi :

1. Concevoir le produit (et le re-concevoir). Les informations étant rassemblées et analysées

par le département marketing, les résultats des études en clientèle sont prises en compte par un

département technique dont la mission est d’améliorer constamment la conception du produit. Les

modifications sont ensuite appliquées à la production.

2. Le réaliser et le tester en production. Cette étape concerne la fabrication, les

approvisionnements et les services. Les dossiers de conception doivent être respectés et les problèmes

soigneusement notés pour être pris en compte à l’étape de re-conception qui suivra

 

3. Le mettre sur le marché. Les vendeurs n’ont pas seulement pour mission de vendre le plus et

le mieux possible pour réaliser un bon chiffre d’affaires, mais aussi d’étudier le comportement des

utilisateurs en interaction avec un nouveau produit ou un nouveau service.

4. Le tester en service. Les chances de réussir à améliorer un produit sont faibles si le produit

n’est pas testé en service. Le marketing n’est efficace que s’il travaille en équipe avec toute

l’entreprise.

Application à la stratégie

Le PDCA s’applique à la stratégie totale de l’entreprise, suivant une méthode que la plupart des

grandes firmes japonaises ont adoptée. Le schéma ci-dessous représente un flugramme qui fait partie

du manuel des procédures de la société Nippon Zeon, lauréat du Prix Deming en 1986. Il a pour but

de décrire l’exercice annuel de planification et de développement stratégique. Le document réel, assez

complexe, comporte une cinquantaine d’éléments interconnectés. Les noms des acteurs sont alignés à

la partie supérieure : direction générale, marketing, finances, R&D, production, commercial, etc. La

surface est divisée en quatre bandes horizontales : Plan, Do, Check, Act, la première partie étant la

plus importante. Le processus se déroule sur toute l’année suivant un calendrier indiqué. On identifie

sur ce flugramme des réunions, des visites sur le terrain, des boucles d’information ainsi que des

liens avec les plans stratégiques de l’année précédente et de l’année suivante.

 

Le cycle PDCA stratégique

Des blocages dans les entreprises

En voyant comment le cycle PDCA fonctionne dans d’excellentes entreprises, celles qui réussissent

grâce à un bon management, il me semble que la surface du quart de cercle “Préparer” devrait être

agrandie sur le schéma traditionnel, parce que c’est à cet endroit qu’elles dépensent le plus d’énergie.

Mais au contraire dans les sociétés dont j’ai une certaine expérience, on ne consacre jamais assez de

temps à la préparation, à la planification. C’est donc le contraire qu’il faudrait faire sur ce schéma

pour tenir compte de la réalité.

 

Si la première étape est abrégée dans les entreprises françaises, la deuxième est hypertrophiée. Le

plus souvent le management tend à développer tout de suite des actions à grande échelle, à faire tout

de suite de gros investissements en espérant en retour faire des bénéfices rapides. La quatrième étape

est négligée autant que la première. On n’a pas compris que “Agir” signifie prendre des décisions

mûrement réfléchies, consolider les améliorations et se préparer au cycle suivant.

Principal blocage, le refus de consacrer à la préparation d’un projet tout le temps nécessaire vient de

ce que dans les entreprises les gens ont le sentiment d’être surchargés de travail. Malgré l’apparition

de nouveaux outils pour traiter l’information et de nouveaux moyens de communication, par exemple

internet, intranet et le téléphone portable, la situation ne cesse d’empirer. On n’a pas le temps, on croit

savoir, on reste dans le flou. On ne tire pas assez profit des expériences précédentes. On comprend

assez bien les causes de défauts, mais on ne cherche pas à comprendre les causes d’amélioration.

Conclusion

L’utilisation du cycle PDCA est une méthode qui donne d’excellents résultats à condition d’accorder

à la phase de préparation toute l’importance nécessaire. C’est la principale manifestation du style de

management orienté vers la connaissance. Quand une entreprise pratique le leadership, c’est la

direction qui amorce la mise en marche de chaque cycle à partir des informations du cycle précédent.

Cette méthode a pour effet de réduire autant que faire se peut l’effet du hasard, qui n’est bien souvent

que le nom donné à notre ignorance.

Source : Association française Edwars Deming, Fréderic Massot TASQ Conférence annuelle 8 Juin 1999

 

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Publié dans logistique

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